Grâce à une utilisation efficace des performances du C Series dans les médias, Bombardier est parvenue à en faire la grande vedette du salon du Bourget. Même si elle n’y a pas annoncé de nouvelles commandes, Le Bourget 2015 marque un tournant important pour Bombardier et le C Series. C’est la première fois que l’entreprise réussit à tenir le haut du pavé et à attirer toute l’attention sur un de ses avions. Cela s’est traduit par une hausse considérable du nombre de visiteurs à son kiosque. Si les journalistes étaient nombreux à vouloir obtenir plus d’information sur le C Series, plusieurs dirigeants de compagnies aériennes se sont eux aussi pointés au kiosque de Bombardier. L’avenir nous dira si cela se traduira par des ventes.
Une étoile est née
L’industrie aéronautique et l’aviation civile sont des domaines qui reçoivent beaucoup d’attention de la part des médias et du public en général. De nos jours, les avions de ligne sont des vedettes qui ont des fan clubs. Tout comme l’A320 et le 737 ont leurs fans respectifs, le C Series a désormais ses fans. Bien que l’activité principale de Bombardier Aéronautique soit toujours la fabrication d’avions, elle doit comprendre que gérer l’image de sa vedette fait désormais partie de sa fonction de fabricant d’avions de ligne.
Bombardier a la chance d’avoir sous la main une vedette qui performe au-dessus des attentes et qui n’est pas capricieuse (elle est fiable). Il lui revient donc de s’assurer que lorsque le C Series se retrouve sous les feux de la rampe, c’est pour de bonnes raisons et non des mauvaises. Chaque fois qu’un C Series décolle de Mirabel, il peut y avoir un photographe amateur qui prend des photographies. Si un incident devait se produire à ce moment, les photographies pourraient se retrouver sur les réseaux sociaux en moins d’une minute. Si Bombardier est incapable de réagir dans les minutes qui suivent un tel événement, elle pourrait facilement perdre le contrôle de l’image de sa vedette et les dommages pourraient être irréversibles.
Si je me fie à la fréquence à laquelle Bombardier met à jour le site Web du C Series, j’ai de bonnes raisons de croire qu’elle n’est pas encore à la page dans ce domaine. On ne contrôle pas son image dans les médias sociaux en se contentant d’une mise à jour aux deux semaines. Si une équipe s’occupait de la mise à jour quotidienne du site, cela démontrerait une capacité d’agir rapidement.
Après avoir investi plus de 5,5 milliards de dollars dans son programme phare, investir un peu dans la gestion de l’image de ce dernier plutôt que de laisser le hasard s’en charger serait un choix judicieux, il me semble.



