Go back to the search
Aero Nouvelle

Ce que je retiens de l’entrevue d’Alain Bellemare à CJAD

Aero Nouvelle

 

À peine quelques jours avant la certification du CS100, le président de Bombardier, Alain Bellemare, a donné une entrevue de près de 40 minutes à la station de radio CJAD. Ce n’est que mercredi dernier que j’ai eu vent de cette entrevue. Merci à Sylvain Faust de l’avoir publiée sur son site http://www.fliegerfaust.com. De cette entrevue, je retiens une chose que je partage avec vous.

 

M. Bellemare explique très clairement que pour relancer le C Series, Bombardier a besoin d’une ou deux bonnes commandes. En anglais, il dit : « One or two great orders. » Il mentionne que la compagnie est prête à faire les efforts nécessaires pour satisfaire à des termes très demandants afin d’obtenir la ou les commandes en question. Selon M. Bellemare, une fois que le C Series aura repris du momentum, Bombardier pourra progressivement en rétablir le prix. Cette déclaration explique probablement la rumeur qui s’est mise à circuler durant la période des fêtes et qui disait que BBD était très agressive sur le prix du C Series.

 

On dit souvent que le diable est dans les détails, et il y a un détail que je retiens dans la déclaration suivante de M. Bellemare : « Bombardier a besoin d’une ou deux bonnes commandes pour relancer le C Series. » Comme on sait que Bombardier a été très impliquée dans des négociations avec au mois trois compagnies aériennes (United Airlines, JetBlue et Air Canada), les propos de M. Bellemare signifient que Bombardier a probablement choisi de se concentrer seulement sur deux de ses trois compagnies et qu’il a bon espoir de signer avec au moins une des deux compagnies, peut-être même les deux. Si on veut savoir lesquelles des trois sont encore dans la course, il suffit de se demander lesquelles sont le plus susceptibles de redonner du momentum au C Series.

 

À mon avis, United Airlines est la compagnie la plus probable selon le critère mentionné plus haut. C’est la plus grosse des trois compagnies. Elle possède plus de 700 appareils et son réseau mondial ainsi que sa notoriété dans le monde de l’aviation sont de loin supérieurs à ceux des deux autres. Bien que JetBlue desserve presque exclusivement le territoire américain seulement, obtenir une commande de cette compagnie serait d’une grande valeur symbolique. Il faut se rappeler que JetBlue est l’entreprise qui a fait l’entrée en service de l’Ejet-190. Elle avait passé une commande ferme de 100 appareils avec option pour 100 de plus. Mais JetBlue n’a jamais exercé son droit sur ses options et n’a jamais détenu plus de 65 E-190 dans sa flotte. Si Bombardier obtenait cette commande, cela enverrait le message que les qualités supérieures du C Series sont suffisantes pour couvrir les frais de transition de l’E-190 au CS100. Mais cette commande est probablement la plus difficile à obtenir, car il est certain qu’Embraer ne lâchera pas le morceau sans se battre. Pour ce qui est d’Air Canada, elle fait partie du top 20 et peut même être considérée comme dixième selon certains critères d’évaluation. Même si cela la place devant JetBlue. Mais je doute fort que son nom ait la résonance nécessaire. Remarquez que cela ne veut pas dire qu’Air Canada n’achètera pas de C Series. Je dirais plutôt que son pouvoir de négociation n’est pas aussi fort et qu’elle pourrait devoir en payer le prix.

 

Pour ce qui est d’United Airlines, on pourrait être fixés très bientôt, puisque le syndicat des pilotes tient actuellement un vote jusqu’au 22 janvier afin de ratifier une prolongation de la présente convention collective. C’est probablement après cela qu’United Airlines va annoncer sa décision sur l’achat de nouveaux avions d’une centaine de sièges. 

-

This website uses cookies for analysis and video content. You can accept only essential cookies or accept all cookies.