Go back to the search
Aero Nouvelle

De nouveaux moteurs et une réduction de prix pour le Q400?

Aero Nouvelle

 

Si vous avez lu le texte d’hier à propos des annonces de Bombardier à Farnborough, vous vous êtes possiblement posé la question à savoir quelles seraient les améliorations que Bombardier va annoncer pour le Q400.

 

Que le prix du Q400 soit révisé à la baisse est évident, puisque la réduction de son coût de production était l’enjeu principal des négociations entre Bombardier et UNIFOR, négociations qui ont mené à la conclusion d’une entente permettant de réduire les effectifs affectés à sa construction à l’usine torontoise de l’entreprise. Avec cette entente, l’écart de prix entre le Q400 et l’ATR72 sera réduit et permettra sans doute à Bombardier de livrer une plus forte compétition sur le marché plutôt mince des turbohélices.

 

Le 12 mai dernier, le sujet de ma chronique était l’annonce faite par Pratt & Whitney à propos des moteurs PW100NGRT https://aeroemploi.ca/nouvelles/n/427-le-moteur-pw100ng-ideal-pour-le-q400-a-90-passagers-et-porter-airlines. Ce texte soutient l’hypothèse qu’une annonce pourrait être faite à Farnborough au sujet du Q400 à 90 passagers avec de nouveaux moteurs et de Porter Airlines comme client de lancement. Puisque Bombardier a confirmé qu’elle fera une annonce à ce sujet, ma prévision commence à prendre forme. Bombardier n’a pas vraiment le choix de remotoriser le Q400, car dans les années à venir, l’arrivée sur le marché de nouveaux jets régionaux d’une capacité de 75 à 110 passagers et qui sont 20% plus économiques en carburant (MRJ, E2, CS100) viendra combler l’écart dans les coûts d’exploitation entre les avions à réaction et les turbohélices sur les courtes distances, qui étaient en faveur du Q400 et de l’ATR. Ne pas combler cet écart ferait en sorte que le seul avion de ligne à turbohélice nord-américain s’en irait à l’abandon d’ici 2020.

 

L’hypothèse du 12 mai dernier parle aussi d’un Q400 à 90 passagers. Cela est très probable, car au salon aérien de Singapour, Bombardier avait annoncé qu’il était désormais possible d’entasser 90 sardines à son bord. Par contre, il s’agit bien d’une version très haute densité qui ne sera probablement jamais commandée. Pour obtenir une vraie version de 90 passagers, il faut allonger le fuselage du Q400 de quatre rangées de sièges, soit 62 pouces à l’arrière des ailes et encore 62 pouces à l’avant. Mais cela pose un problème, car tel qu’il est conçu en ce moment, la partie arrière du fuselage frotterait sur la piste au moment du décollage. Une des solutions possibles pour pallier ce problème serait d’allonger son train d’atterrissage de manière à augmenter la hauteur de dégagement par rapport au sol. Une remotorisation du Q400 implique aussi de redessiner la nacelle des moteurs. Comme c’est à cet endroit que loge son train d’atterrissage, c’est une occasion de revoir la longueur de ce dernier.

 

 

Pour revenir à l’hypothèse du 12 mai, il reste à savoir qui sera le client de lancement. Bien que Porter Airlines ait annoncé qu’elle avait des projets d’expansion dans l’est du Canada, à Montréal entre autres, elle n’est pas la seule compagnie aérienne qui pourrait s’intéresser au Q400 de 90 passagers. En effet, la compagnie indienne SpiceJet est activement à la recherche d’une cinquantaine de turbohélices. Par contre, le texte d’hier mentionne clairement que Bombardier n’annoncera pas de grosses commandes à Farnborough. Si le lancement d’une version à 90 passagers est une bonne nouvelle pour les clients potentiels de cet avion, cette nouvelle est plutôt de nature à inquiéter les investisseurs et actionnaires de l’entreprise. Hors comme par hasard, c’est UTC aerospace systems qui fabrique le train d’atterrissage tandis que Pratt & Whitney est elle aussi une filiale d’UTC où Alain Bellemare était avant d’arriver chez Bombardier. Est-ce que M. Bellemare aurait su convaincre UTC d’être partenaire dans le développement du Q400 à 90 passagers? Pour ce qui est du client de lancement, comme la nouvelle tendance chez Bombardier est d’annoncer les grosses commandes lors du dévoilement des résultats financiers, on pourrait donc raisonnablement s’attendre à ce que ce soit encore le cas au mois d’août lors du prochain dévoilement trimestriel.  

This website uses cookies for analysis and video content. You can accept only essential cookies or accept all cookies.