Plusieurs dizaines d’intervenants du milieu aérospatial québécois, représentants du patronat, du monde syndical et du secteur académique s’étaient donné rendez-vous hier à l’ÉNA pour assister au dévoilement de la nouvelle Stratégie québécoise de l’aérospatiale.
La présence du premier ministre Philippe Couillard donne un indice important du niveau de priorité que son gouvernement accorde à l’industrie. Questionné sur la stratégie du fédéral en ce domaine, M. Couillard a mentionné que bien qu’il y ait eu des discussions avec le gouvernement canadien, Québec a concocté sa propre stratégie. Ce dernier a indiqué qu’il considère que l’industrie aérospatiale est aussi essentielle au Québec que ne l’est l’industrie automobile en Ontario et qu’il s’attend à ce qu’Ottawa en fasse autant pour l’aérospatiale qu’il ne l’a fait pour l’automobile. C’est la ministre Dominique Anglade qui a dévoilé les grandes lignes de la nouvelle stratégie, qui repose sur quatre axes et prévoit l’ajout de 250 M$ de plus en cinq ans.
- Renforcer et diversifier la structure de l’industrie.
- Soutenir la croissance de l’industrie en appuyant les projets et en investissant dans la main-d’œuvre.
- Accompagner les PME dans leur développement.
- Miser sur l’innovation.
Dans les jours à venir, nous analyserons dans le détail ce que comporte ce plan. Hier, j’ai posé des questions à plusieurs personnes sur place et tous sont d’accord avec les quatre grands axes et surtout sur la nécessité d’attirer plus de maitres d’oeuvre ainsi que des fournisseurs de premier et deuxième niveaux. Le coordonnateur de l’AIMTA au Québec, Dave Chartrand, voit d’un bon œil le fait que huit des douze recommandations que l’association avait formulées en commission parlementaire aient été retenues. Par contre, M. Chartrand se plaint du fait que trop souvent les gouvernements apportent de l’aide sans demander de garanties pour le maintien des sièges sociaux et des emplois. Pour sa part, le président d’ALTA PRÉCISION, Guillermo Alonso, est d’accord avec l’idée qu’il faut plus de fournisseurs de premier niveau et il se promet d’examiner la stratégie en détail afin de voir comment elle pourra être utile à son entreprise.
Avec l’annonce d’hier, cela fait deux fois en moins de deux semaines que la ministre de l’Économie, de la Science et de l’Innovation et ministre responsable de la Stratégie numérique, Dominique Anglade, réussit un bon coup en aérospatiale. On peut même dire trois si on inclut la Stratégie numérique. Cela veut dire qu’en moins de temps que son homologue fédéral, elle aura accompli beaucoup plus. En entrevue, Mme Anglade m’a confirmé que la très grande qualité de la main-d’œuvre de Bell Helicopter à Mirabel avait été un facteur déterminant dans le retour à la maison du B505. Je l’ai questionnée plus à fond afin de savoir s’il était possible de faire la même chose pour les employés de Bombardier qui ont reçu leur avis de mis à pied dernièrement (en particulier ceux de l’ancienne usine de Canadair, ou le plan 1). Cette dernière m’a expliqué que les conditions ne sont pas les mêmes et qu’il faut regarder dans le long terme pour trouver une solution.
Dans le prochain texte au sujet de la Stratégie aérospatiale, nous parlerons des maitres d’œuvre et des fournisseurs de niveaux 1 et 2.
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