Porter et le C Series, c’est loin d’être mort
Je tiens d’abord à préciser que Bombardier avait pris soin de ne pas inclure la commande conditionnelle de 12 CS100 avec option pour 18 de plus de Porter Airlines dans le total de 243 commandes fermes pour le C Series. Donc si jamais Porter laissait tomber sa commande, cela ne serait pas un recul pour l’atteinte de son objectif de 300 commandes fermes à l’entrée en service.
Pour ce qui est du dossier des jets à Toronto Island, la compagnie Porter Airlines n’a toujours pas réagi de façon officielle au fameux Tweet de Marc Garneau annonçant qu’il ne rouvrirait pas l’entente interdisant les jets à cet aéroport. Si le président de Porter, Rob Deluce, se garde d’exprimer publiquement sa frustration à ce sujet, c’est qu’il considère avoir encore des chances d’obtenir gain de cause. Il faut savoir que l’interdiction des jets à Billy-Bishop est incluse dans une entente tripartite entre le Port de Toronto, la Ville de Toronto et le gouvernement fédéral. Si deux des trois partenaires décidaient de rouvrir une vieille entente qui ne leur convient plus, combien de temps le ministre des Transports pourrait-il résister

Mais même si Porter n’obtenait pas l’autorisation de faire atterrir des jets au centre-ville de Toronto, elle pourrait toujours décider de quand même prendre possession des CS100 qu’elle a commandés. De toutes les compagnies aériennes au Canada, Porter est celle dont la santé financière est la plus enviable, puisqu’elle n’a pas de dette et n’a que des actifs en ce moment. Porter était déjà très rentable bien avant la baisse du prix du carburant et, pourtant, c’est elle qui a les tarifs les plus bas et son service est parmi les meilleurs. Porter pourrait très bien décider de remettre la monnaie de sa pièce à Air Canada, qui est une farouche opposante des jets à Toronto Island.
Tout compte fait, grâce à ses coûts d’exploitation plus bas et à son excellente santé financière, Porter pourra choisir de prendre de l’expansion là où elle le veut et faire concurrence à qui elle veut. Porter n’a définitivement pas dit son dernier mot.
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