Le titre d’aujourd’hui concerne le premier axe de la Stratégie aérospatiale du gouvernement du Québec. Cela veut dire attirer de nouveaux maitres d’œuvre ainsi que de nouveaux fournisseurs de premier et de deuxième niveaux.
Au Québec, il y a actuellement quatre maitres d’œuvre : Bombardier, Bell Helicopter, CAE et Pratt & Whitney Canada. En attirer plus signifie qu’il faudra réussir à séduire de gros constructeurs comme Rolls-Royce, GE, CFM, UTC, Boeing, Airbus, Mitsubishi Heavy Industries, etc. Ces compagnies et celles que je n’ai pas nommées reçoivent toutes des offres très alléchantes de la part de nombreux gouvernements afin qu’elles s’installent sur leurs territoires respectifs. De toute évidence, si aucun nouveau maitre d’œuvre n’est venu s’implanter sur le territoire québécois au cours des trente dernières années, c’est que l’offre de Québec n’était pas compétitive. Par contre, il est vrai que la stratégie dans le passé était peut-être plus axée sur les fournisseurs de premier et de deuxième niveaux. Québec espère pouvoir changer la tendance en créant le Groupe d’intervention tactique en aérospatiale, qui sera coordonné par le ministère de l’Économie, de la Science et de l’Innovation. Le groupe sera composé des intervenants actifs dans la prospection d’investissements étrangers, dont entre autres Investissement Québec et Montréal International. Il faudra voir si le passage de la ministre Anglade à la présidence de Montréal International lui sera utile dans le démarchage de maitres d’œuvre.
Du côté des fournisseurs de premier niveau, on en dénombre actuellement 10 au Québec, dont la taille varie beaucoup. Avant d’aller plus loin, il est nécessaire de bien définir ce qu’est un fournisseur de premier niveau en aérospatiale. Il est important de savoir que tout ce qui entre dans la construction d’un avion doit être certifié afin de répondre aux normes de l’aviation civile. Des attaches qui tiennent les moulures intérieures aux pales des compresseurs en passant par le tapis, tout, mais absolument tout doit être certifié en aéronautique. Ce qui veut dire que vous pourriez être le fabricant des meilleurs sièges de toilette de la planète, vous ne pourriez les faire installer sur un avion sans les avoir préalablement fait certifier. La certification d’un produit, quel qu’il soit, a un coût bien entendu et il varie en fonction de la complexité de la pièce ou de l’assemblage. De manière générale, c’est parce que ces coûts sont exorbitants que la plupart des PME doivent se résoudre à demeurer fournisseurs de deuxième niveau plutôt que de devenir fournisseur de premier niveau. Afin d’augmenter le nombre de fournisseurs de premier niveau au Québec, la Stratégie aérospatiale veut encourager les fusions entre fournisseurs de second niveau ou encore les acquisitions ici ou à l’extérieur. Dans les deux années à venir, nous saurons si cette orientation et les moyens mis à la disposition des PME étaient les bons.
-
